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Sweeney todd

Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street

Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street

Date de sortie : 23 Janvier 2008      Réalisé par Tim Burton        Avec Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Alan Rickman                          Durée : 1h 55min.       Interdit aux moins de 12 ans
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Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street - Johnny Depp

Histoire:

Après avoir croupi pendant quinze ans dans une prison australienne, Benjamin Barker s'évade et regagne Londres avec une seule idée en tête : se venger de l'infâme Juge Turpin qui le condamna pour lui ravir sa femme, lucy, et son bébé, Johanna. Adoptant le nom de Sweeney Todd, il reprend possession de son échoppe de barbier, située au-dessus de la boulangerie de Mme Nellie lovett. Celle-ci l'informe que Lucy se donna la mort après avoir été violée par Turpin.
Lorsque son flamboyant rival Pirelli menace de le démasquer, Sweeney est contraint de l'égorger. L'astucieuse Mme Lovett vole à son secours : pour le débarrasser de l'encombrant cadavre, elle lui propose d'en faire de la chair à pâté, ce qui relancera du même coup ses propres affaires.
Sweeney découvre que Turpin a maintenant des visées sur Johanna, qu'il séquestre avec la complicité de son âme damnée, le Bailli Bamford. L'adolescente a attiré les regards d'un jeune marin, Anthony, celui-là même qui avait sauvé Sweeney lors de son évasion. Amoureux fou de la jeune innocente, Anthony se promet de l'épouser après l'avoir arrachée à Turpin.
Pendant ce temps, le quartier de Fleet Street s'est entiché des "tartes" très spéciales de Mme Lovett, et celle-ci se prend à rêver d'une nouvelle vie, respectable et bourgeoise, avec Sweeney pour époux et Toby, l'ancien assistant de Pirelli, comme fils adoptif. Mais Sweeney est bien décidé à mener à terme sa vengeance, quel qu'en soit le coût...

Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street - Helena Bonham Carter et Johnny Depp

Fiche Technique

Budget : 65 000 000 $
Interdit aux moins de 12 ans
Couleur
Format du son : Dolby SR - Digital DTS - Digital
Format de projection : 1.85 : 1
Format de production : 35 mm
Tourné en : Anglais

Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street - Johnny Depp

Critique du journal télérama visible sur: http://www.telerama.fr/cine/film.php?id=330456&onglet=critique

Il y a souvent eu deux mondes chez Tim Burton, de Beetle­juice aux Noces funèbres. Ou plutôt un monde et un arrière-monde. Le premier à peu près familier, le second, ténébreux. La révolution copernicienne opérée par Sweeney Todd est de fusionner les deux. Le monde et l'arrière-monde ne font plus qu'un, cloaque géant - Londres sous la reine Victoria, tout en fumée et crasse humide - où le film nous débarque une fois pour toutes, en même temps que son héros. Evadé d'une prison lointaine, celui-ci revient pour se venger de l'horrible juge qui l'a condamné quinze ans plus tôt à la seule fin de lui ravir femme et enfant.

Dans cet univers au ciel plombé, en noir et blanc pisseux, la seule lumière vive vient de lointaines réminiscences de jeunesse. Et la seule couleur franche, du sang qui gicle. Johnny Depp a une tête de cadavre - de façon générale, vivants et défunts s'équivalent dans cette histoire. Sweeney Todd, ainsi qu'il se renomme lui-même, veuf et sans trace de sa fille, se considère comme déjà mort. Il ne rouvre son échoppe de barbier que pour jouer de ses rasoirs comme de prolongements meurtriers à ses bras. Edward aux mains d'argent devenu un monstre sanguinaire ? C'est bien l'effet que produit Sweeney Todd : celui d'une relecture enragée de son oeuvre par Tim Burton, ouvrant partout des gouffres sans fond.

La mise en abyme de l'horreur opère aussi concrètement : les clients de Sweeney Todd, égorgés en guise d'après-rasage, tombent de l'étage à travers une trappe qui les envoie au sous-sol, avant leur passage à la moulinette puis au four, et jusqu'aux tourtes protéinées de la pâtissière Helena Bonham Carter, complice énamourée du barbier, qui régale ses clients au rez-de-chaussée. Tous les appétits humains sont ainsi déréglés, dévoyés, détraqués. Soif inextinguible et aveugle de vengeance chez Sweeney Todd, concupiscence incestueuse et pédophile chez le juge, jalousie et brutalité d'un magicien ambulant (Sacha Baron Cohen, ex-Borat), amour vicié de la pâtissière pour le barbier, gourmandise anthropophage des Londoniens affamés...

Entre les damnés qui font du commerce de chair humaine ou de cheveux, les misérables qui crèvent dans la rue, les puissants qui se pomponnent et déguisent leurs instincts en jolis sentiments, le tableau n'est évidemment pas sans rappeler un certain état du monde présent. Mais Sweeney Todd est l'adaptation d'un musical - composé par Stephen Sondheim, créé en 1979 et déjà repéré alors par Burton. Les numéros chantés, le look gothique décadent et le jeu expressionniste de Johnny Depp et de Helena Bonham Carter (tous deux très en forme), plus généralement l'hyperstylisation burtonienne ont aussi des vertus comiques.

Il n'empêche : troublant dans le détail (la fille de Sweeney est jouée par un clone adolescent de Vanessa Paradis), le film l'est aussi par ses définitions implicites du genre humain (tous des cannibales) et du couple (une association de malfaiteurs au mieux). Tim Burton ne transcende ce nihilisme que par l'outrance, la démesure, la surenchère, préférant notamment finir sur une image d'apocalypse plutôt que sur celle des rares survivants à l'infernale spirale de l'abjection et du malheur. Il a beau avoir retiré un peu d'hémoglobine à la demande de <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:PersonName w:st="on" ProductID="la Warner">la Warner</st1:PersonName>, sa « comédie » musicale est l'une des choses les plus ahurissantes qu'on ait vues sortir de Hollywood depuis longtemps. Au-delà du spectacle d'origine et du spectacle à l'écran, voilà bien un geste d'artiste, un geste libre et saisissant.<o:p></o:p>

Louis Guichard<o:p></o:p>

Télérama, Samedi 26 janvier 2008

<o:p>Warner Bros. France</o:p>

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