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M le Maudit |

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Histoire: |
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Ma critique:
Ce film est un grand chef d'oeuvre cinématographique a voir absolument.Une magnifique description du pervers (du violeur d'enfant); une analyse psychologique profonde du comportement de la folie meurtriére.Tout ceci est placé dans un contexte sociologique et politique : celui d'une alliance objective entre mafia et police.Une analyse prophétique de la situation politique de l'Allemagne hitlerienne.Film fondateur du cinéma actuel.
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Une simple vision de ce film marque au fer rouge. Mais une seconde s'impose, pour constater l'extrême robustesse de l'intrigue et la puissance ineffable de la mise en scène. Dire qu'on adore ce film relève de l'euphémisme.


- Pris dans le cadre
Depuis la première apparition de M dans la vitrine de la quincaillerie, il est "cadré" comme un criminel qui n'échappera pas à son destin. Capturé dans ce cadre en forme losange fait par les couteaux exposés en vitrine M est pris.
Prisonnier de la flèche et de la spirale, il ne peut échapper à son destin. La flèche n'est-ce pas le couteau qui tue irrémédiablement, mécaniquement ? La spirale, aspire et nul ne peut s'en sortir.
Ensuite, marqué comme une bête qu'on envoie à l'abattoir, il termine dans un grenier, derrière des barreaux puis dans un vulgaire sac.
- Les vitrines : pièges à regard :
Trois vitrines nous renvoient des juxtapositions significatives d'images.
La coutellerie : Les couteaux, armes de crime. M est montré comme piégé par son destin. De plus, son visage encadré par ce losange de couteaux, est montré comme celui de l'homme qu'on recherche. Ce visage est souligné à cette occasion, c'est celui de l'assassin, l'homme à abattre. Dans ce jeu de miroir complexe, la silhouette de la fillette est également réfléchie, désignée de fait comme la future victime.
La librairie : La fillette est elle-même fascinée par le mouvement de la flèche et de la spirale. M, quant à lui, se trouve au centre de ce dispositif; le mouvement mécanique et répété de la flèche projetant son ombre au centre de la spirale évoque le couteau qui s'abat sur la victime. La spirale peut également signifier le sexe féminin et la flèche le sexe masculin ces symboles associés renvoient à la fois à l'acte sexuel et au geste criminel. M étant vraissemblablement victime d'un dérèglement sexuel qui le pousse à tuer des petites filles.
Le magasin de jouets : L'image de la tête de M littéralement entre les jambes du pantin articulé qui ouvre les jambes, renforce l'idée précédente : la tentation a une dimension sexuelle.

Les bourgeois de la ville ressemblent étrangement au criminel.
La police organise des réunions qui sont semblables à celles des truands.
Les ombres ont toutes des chapeaux sur la tête et peuvent être celles du meurtrier comme celles de policiers ou celles de passants dans la rue. Le film monté en parallèle passe d'un milieu à un autre et tous les personnages pourraient très bien être le criminel qu'on recherche : L'assassin est parmi nous était le premier titre du film.
Les reflets des vitrines montrent des images de personnages en "miroir" donc dédoublées.
Les ombres portées sur les murs ne dévoilent qu'une silhouette et ne sont que le dédoublement de la personne.
La scène finale montre bien le dédoublement de la personnalité de M lorsque coincé par la parodie de justice que lui réserve la pègre, il craque et redevient "humain", expliquant ses pulsions incontrôlables et ses gestes meurtriers.


Quelque renseignement sur le film:
- Réalisé par Fritz Lang
- Interprèté par :
Peter Lorre : Frantz Beckett (M)
Otto Wernicke : Le commissaire Lohmann
Ellen Widmann : Mme Beckmann
Gustaf Gründgens : Schränker
Inge Landgut : Elsie Beckmann
- Scénario : Théa Von Harbou et Fritz Lang d'après un article de Egon Jakobson.
- Image : Fritz Otto Wagner, Karl Vash et Adolf Jansen
- Son : Adolf Jansen
- Musique: Peer Gynt (Leitmotiv musical d'Edward Grieg)
- Décors : Emil Hassler et Karl Vollbrecht
M le maudit, réalisé en 1931, décrit l'état d'esprit de l'opinion publique populaire berlinoise. Il met en scène l'appareil d'état policier (le préfet de police et le ministre de l'intérieur), d'une part et d'autre part, l'organisation de la pègre et ses divers syndicats du crime.
Tournage en 42 jours en 1931. Durée initiale :117', durée actuelle : 99'.
Sortie le 11/5/1931 à Berlin.

