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Histoire: |
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Fiche Technique |
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N° de visa : 114574
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
Couleur
Format de production : 35 mm
Tourné en : Français
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Critique télérama:
Pour les plus de 40 ans, la Seconde Guerre mondiale a été longtemps un référent familier. Elle était présente dans les récits de famille, ou par le cinéma - et souvent le cinéma à la télévision. C'était comme si on l'avait faite, et sur tous les modes : partie de rigolade avec La Grande Vadrouille, sacrifice quasi métaphysique avec L'Armée des ombres, rencontres avec des figures récurrentes comme celle du para anglais à évacuer dare-dare ou de l'officier allemand esthète et compréhensif - ou esthète et supersadique, c'était selon. Le mérite des Femmes de l'ombre est de ressusciter cette proximité perdue avec la représentation de l'événement, quand le devoir de mémoire s'accompagnait simultanément d'un droit au divertissement, fût-il pédagogique. Le film de Jean-Paul Salomé assume son premier degré, convoque l'imagerie classique des ambiances d'époque, et héroïse avec sincérité ceux, et ici surtout celles, qui résistèrent à l'occupant.
Constitué presque comme dans Les Douze Salopards, le « panel » des Femmes de l'ombre, cinq résistantes de charme, ratisse large : femme de tête, pépée délurée, post-ado illuminée... Leur mission, sous l'égide du SOE (un service d'espionnage créé par Churchill) et sous la direction autoritaire de Sophie Marceau : exfiltrer un agent british géologue, capturé par les Allemands alors qu'il était en plein repérage du prochain Débarquement. On est illico dans le vif du sujet, ce qui sera la qualité première du film : ne jamais dévier d'un récit à rebondissements, mené à vive allure. Les personnages, avec parfois leurs clichés, se révèlent et se définissent dans l'action, à l'opération commando dans un hôpital militaire succède la traque d'un officier allemand qui tente de prouver à son état-major l'imminence du D-day. Tension dramatique, fusillades, ça marche.
Ce n'est pas tout à fait du von Sternberg, rêve « queer » de femmes flingueuses, porte-jarretelles sous l'uniforme. Mais, aux côtés de Marceau, sexy tireuse d'élite, Julie Depardieu, la reine du second rôle pittoresque, et surtout la délicieuse Marie Gillain, en jouisseuse froussarde, donnent agréablement vie à ces petites cousines de Lucie Aubrac, combattantes improvisées et téméraires sur le fil. Soyons franc : on l'aime moins quand le film perd sa « ligne claire », très BD, pour une dramatisation moins maîtrisée - ainsi le martyre du personnage joué par Deborah François. Le reste de l'intrigue le prouve, nul besoin d'être sentencieux ou solennel pour faire passer le caractère exceptionnel de ces destins.
Aurélien Ferenczi
Télérama, Samedi 08 mars 2008
