
John Rambo

|
Histoire: |
![]() |
Ma critique:
Violence, puissance, inconcience encré de le monde de l'intolérence...

Critique Télérama:
L'hiver dernier, Stallone offrait à Rocky Balboa un ultime combat avant de raccrocher les gants. En redonnant un patronyme à son boxeur, il le dotait d'un supplément d'âme bienvenu et ajoutait un beau post-scriptum à une série depuis longtemps en déshérence. Vingt ans après avoir laissé Rambo casser du rouge dans le bourbier afghan, « Sly », devant et derrière la caméra, le ressuscite aujourd'hui et lui rend son prénom, avec l'espoir d'humaniser la machine de guerre reaganienne.
On retrouve notre gladiateur désabusé en train de s'adonner à la pratique de la pêche à l'arc au bord d'une rivière thaïlandaise. Retraite idéale pour l'ancien béret vert inapte à la vie occidentale. Car le héros est fatigué et ça se voit. Fini le brushing frisé et les pectoraux huilés. Rambo a le cheveu filasse et gardera son vieux tee-shirt sur le dos. Sa dernière mission consiste à aller délivrer, avec une escouade de mercenaires, d'imprudents missionnaires catholiques prisonniers de la junte birmane.
Le choix de la Birmanie n'est pas anodin. Après avoir été un symbole réactionnaire dans les années 80, Stallone veut en finir avec cette image nauséabonde et imagine un héros politiquement neutre, qui offre ses services pour sauver quelques innocents, paysans birmans et humanitaires en déroute. Mais avec Rambo (contraire en cela à Rocky), une petite victoire individuelle ne suffit pas à racheter les défaites de l'humanité, acharnée à s'entre-tuer. Pour le même prix, le spectateur de John Rambo prendra donc un effroyable bain de sang et aura droit à une petite leçon de morale désabusée.
Jérémie Couston